Musique dans la clandestinité
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Claude Torres
Montpellier
France


France

La vie musicale sous Vichy
Sous la direction de Myriam Chimènes

Editions Complexe (2001)
Collection : Histoire Culturelle
ISBN : 978-2-87027-864-2
Composer sous Vichy
Yannick Simon

Éditions Symétrie (Lyon, 2009)
Collection : Perpetuum Mobile
Publié avec le concours de la SACEM
(Bourse des Muses)
ISBN : 978-2-91437-357-9
La Vie intellectuelle et artistique à Marseille
à l'époque de Vichy et sous l'Occupation
1940-1944

Jean-Michel Guiraud

Editions CRDP; ISBN : 2-86614-159-2
 Jeanne Laffitte; ISBN : 2-86276-340-3

Nous, maréchal de France, chef de l'État français, décrétons :

Loi du 3 Octobre 1940
Art.2. - L'accès et l'exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux Juifs :
6° Administrateurs, directeurs, secrétaires généraux dans les entreprises bénéficiaires de concessions ou de subventions accordées par une collectivité publique,
postes à la nomination du Gouvernement dans les entreprises d'intérêt général.

Loi du 6 juin 1942
Art. 1er- Les Juifs ne peuvent tenir un emploi artistique dans des représentations théâtrales, dans des films cinématographiques ou
dans des spectacles quelconques, ou donner des concerts vocaux ou instrumentaux ou y participer...

Joseph Kosma - Jacques Prévert
Joseph Kosma ~ Kozma Jozsef
22 octobre 1905, Budapest
7 août 1969, La Roche Guyon
Quand la guerre intervient, Joseph Kosma, interdit de travail, est assigné à résidence dans les Alpes-Maritimes. Grâce à la complicité de Jacques Prévert et sous des noms d’emprunt, il continue néanmoins à travailler pour le cinéma. Il compose pour deux films marquants de Marcel Carné : "Les Visiteurs du soir" en 1942, puis, en 1944 - partageant l’affiche de compositeur avec Maurice Thiriet - et " Les Enfants du paradis". Sous le pseudonyme de Georges Mouqué, il compose également la BO de "Adieu Léonard" (Pierre Prévert, 1943) et de "Le soleil a toujours raison" (Pierre Billon, 1943). Pour "Une femme dans la nuit" (Edmond Gréville, 1943), il n'apparaît même pas au générique. Mais la guerre est là… Ses parents sont exécutés en Hongrie. Lui-même, menacé, passe dans la clandestinité : il rejoint le maquis de Thorenc en juin 1944, y est blessé, puis participe à la Libération de Nice.
1943
LE SOLEIL A TOUJOURS RAISON

Pierre Billon
Jacques Prévert
(Pseudonyme de Jean Marion et
 de Georges Mouqué)
1943
ADIEU LEONARD

Pierre Prévert
Jacques Prévert
(Pseudonyme de Georges Mouqué)
1943
UNE FEMME DANS LA NUIT
Edmond T. Gréville
Jacques Prévert
(N'apparaît pas au générique)
1945
LES ENFANTS DU PARADIS
1- Le Boulevard du Crime
2- L'Homme Blanc

Marcel Carné
Jacques Prévert
Séquence du mime, pantomime de Baptiste
(Pseudonyme de Maurice Thiriet ou  Georges Mouqué selon les auteurs)
Musiques de Films composées pendant l'occupation alors qu' il vivait dans la clandestinité
Voir Maurice Thiriet pour "Les Visiteurs du soir" et "Les enfants du Paradis" dont Kosma et Thiriet se sont disputés la paternité.
 
Le 13 janvier 1945, un arbitrage est rendu au Conservatoire national de musique, à Paris. Le jury est composé de […] quatre éminents sociétaires de la SACEM. […] Face aux membres du jury se tiennent Maurice Thiriet, dont la carrière a prospéré pendant l’Occupation, et Joseph Kosma. […] Par chance, [Kosma] est accompagné de Jacques Prévert et Marcel Carné. Le jury a écouté les témoignages de l’écrivain et du cinéaste, tous deux validant sans la moindre hésitation les affirmations de Kosma sur la paternité de l’oeuvre. Pourtant, il conclut que la partition du film « Les enfants du paradis » est due pour sa majeure partie à la plume de Maurice Thiriet. […].  Ce n’est que grâce au dépôt de son oeuvre à la SUISA, dont l’attestation parviendra à Paris après janvier 1945, que Joseph Kosma sera pour finir rétabli dans ses droits ! Pas rancunier, et satisfait d’avoir obtenu une réhabilitation « morale », il abandonne sa part des redevances sur la musique des « Enfants du paradis » à la SACEM pour qu’elle les affecte à son Comité du coeur, une instance de solidarité pour les sociétaires en difficulté.
“Le magot de la chanson” de Patrick Bonazza dans  “Le Point”, 10/01/2003

« Kosma compose, comme d’habitude, une mélodie au piano, pour "Le tendre et dangereux visage de l’amour" et "Démons et merveilles". Les partitions apportées par Carné sont travaillées par Maurice Thiriet qui fait les orchestrations, les arrangements, et qui compose lui-même
"La Complainte de Gilles". Le génie de Kosma et le talent de Thiriet aboutissent à une création. »
Michel Trihoreau, “La Chanson de Prévert”, Éditions du Petit véhicule, 2006, page 129

«C'est aussi l'époque où se situe l'affaire des musiques incluses dans Les Enfants du paradis et Les Visiteurs du soir, que Kosma a écrites dans la clandestinité sous le nom d'un autre. Voilà que son prête-nom, Maurice Thiriet, cherche à s'en attribuer la paternité, à peine la guerre terminée. Malgré le témoignage apporté par la SUISA (la Société suisse des auteurs et éditeurs) où Kosma avait déposé ses manuscrits en 1943, la SACEM lui étant interdite, l'affaire va durer au moins jusqu'en 1952, date à laquelle Kosma s'adresse à un avocat.

Nous ne savons pas l'issue de cette affaire, qui a en tout cas été préjudiciable à Kosma puisque l'on trouve aujourd'hui encore le nom de Maurice Thiriet associé à ses chansons.»
Article de Laure Schnapper "Un hongrois à Paris" in
"Michel Cullin, Primavera Driessen Gruber, Douce France ? Musik-Exil in Frankreich, Musiciens en exil en France, 1933-1945, Böhlau Verlag, Wien, 2008" (en français, pp. 425-438)

 

Le Soleil a Toujours Raison
Tu Étais la Plus Belle

Incomparable Tino Rossi
Histoires d'Amour
Forlane 19110
Le soleil a toujours raison : Soleil
Tino Rossi
Adieu Léonard : Chanson des petits métiers
Charles Trenet
Les Chansons Du Cinéma
Marianne Mélodie 05 1776
Les Enfants du Paradis
Auvidis
Naive K1601
Les Enfants du Paradis
EMI Classique CDC 7 54764 2
       
 
Baptiste, Suite d'Orchestre
"Pantomime en 6 Tableaux" pour "Les Enfants du Paradis (1943)

Argument de Jacques Prévert
Joseph Kosma (40 ans)
Itinéraire d'un Génie
Milan 32990 399294 2 1

"Les Visiteurs du soir"
Démons et Merveilles
Le tendre et dangereux visage de l'amour

Jacques Jansen (1942)

 
Orchestre du Théâtre National de l'Opéra
Dir: Serge Baudo
Vega T35 A 2501
(Disque pressé spécialement pour les services de presse et de radio)
LP 33 T. 1/3 [25cm]
Orchestre du Capitole de Toulouse
Michel Plasson
Cinéma : Les Plus Belles Musiques Classiques
Emi (5 CDs)
Digipack 50999 026163 2 2 (Édition limitée)
Coffret 50999 027803 2 0
2011
       
Jacques Prévert : Anthologie
Poètes et Chansons 986022
Chants du ghetto pour piano (1932)
Danse des automates pour piano (1942)
L'Hymne à la Résistance *
Decca 460 050-2

François Le Roux (baryton) *
Jeff Cohen (piano)
La grande nuit (Ravensbrück)
Il faudra que je me souvienne Ravensbrück

Poèmes inédits et textes de Micheline Maurel
Musique originale de Joseph Kosma
LP Barclay 88001
Alvarés C 496
Le Chant du Monde

Emmanuèle Riva, Catherine Sellers,
Silvia Monfort et Jany Sylvaire, récitantes
       

 

Norbert Glanzberg
12 octobre à Rohatyn, Galicie, Pologne
25 Février 2001, Neuilly-sur-Seine
(Caché en 1942 au Château de Montredon près de Marseille par la Comtesse Lily Pastré, puis en 1943 dans la maison du poète René Laporte à Antibes. Dénoncé, il est emprisonné à Nice et sauvé de le déportation par Marie Bell)
Astrid Freyeisen
Chansons pour Piaf
Norbert Glanzberg, toute une vie 1910-2001

Françoise Saint-Onge (Traductrice)
MJR Éditions,Genève,  2006
ISBN : 2-88321-042-X
   

 

 

Suite Yiddish, 1985
(Dédiée à Isaac Bashevis Singer)

(Orchestration Frédéric Chaslin)

  1. In Shtetl
  2. Di Bobe Gedenkt in Ershtn Bal
  3. Viglid
  4. Jossele un Jankele af der Britshke
  5. Mitsve Tants
  6. Pogrom un Kadish
  7. Un Trotsdem...

In Memoriam for voice and piano
(Holocaust Songs)

(Orchestration Amaury du Closel)
(Orchestration Daniel Klajner)

  1. An die Völker der Erde (To the peoples of the world) (Werner Bergengrün)
  2. Für Ule (For Ule) (Adam Kuckhoff)
  3. Lied zur guten Nacht (A good-night song) (Chris Hornbogen)
  4. Die letzte Epiphanie (The last epiphany) (Werner Bergengrün)
  5. Nachtgedanken (Night meditations) (Wolfgang Philipp)
  6. Der Ofen von Lublin (The oven of Lublin) (Theodor Kramer)
  7. Versprich mir eins (Do promise me) (Ernst Münzinger)
  8. Alter Baum (The old tree) (Chris Hornbogen)
  9. Im Gefängnis (In prison) (Johanna Kirchner)
  10. Greta (Adam Kuckhoff)
  11. Abschied (Farewell) (Hubert Gsur)

Holocaust Lieder
9 Lieder voix et piano (1983)
sur des poèmes inspirés par les camps de concentration.
(Orchestration Amaury du Closel)

  1. Ausflug machen (Rainer Kirsch)
  2. Die letzte (Gerson Stern)
  3. Ein Koffer spricht (Ilse Weber)
  4. Der Gute Ort zu Wien (Franz Werfel)
  5. Ballade von der Judenhure (Berthold Brecht)
  6. Der Tod ist ein Meister aus Deutschland (Paul Ceylan)
    Transport (Gerry Spies)
    ...
    ...

.

 

 
Suite Yiddish pour 2 pianos  
A Yiddish Touch In Paris
Noel Lee / Jeff Cohen
Arion 68454
Duo Desmoulin
Hélène et Marie Desmoulin
Salabert SCD 9602
Caroline Sageman, Pascal Amoyel
VHS Synapse Productions
       
Suite Yiddish
(Orchestration Frédéric Chaslin)
Holocaust Songs
(Orchestration Daniel Klajner)
Roman Trekel (baryton)
Orchestre Symphonique de Mulhouse
Daniel Klajner
MD+G 9011588 (SACD)
Suite Yiddish
Irit Rub-Levy / Daniel Gortler, pianos
Holocaust Songs
Mira Zakai, alto
Menachem Wiesenberg, piano
BTR 9601 (CD & MC)
Ein Koffer spricht
Bamberger Chanson Tage
Gisela May
Audare CAB-260
Die May
Gisela May
Bear Family Records BCD 16064 IL
8-CD / 1-DVD-Box (LP-Format)
EAN: 4000127160645
ISBN: 3-89916-155-6
 
Chansons composées dans la clandestinité pendant l'occupation

Chansophone 701812
Lys Gauty

Music Memoria
Lys Gauty
Sans y penser, valse chantée
sur des paroles de J.M. Huard et G. Groëner, Publications Francis-Day, 1938
Ne voyez-vous pas (1940) Le bonheur est entré dans mon coeur,
valse chantée sur des paroles de
Michel Vaucaire et Gaston Groëner,
composée pour le film "La Goualeuse" de Fernand Rivers
Editions Paul Beuscher, 1938
La belle marinière (1940)
       
Valse du Bataillon de Choc
(J'ai juré de t'aimer toujours)

Paroles de Redon et Michel Vaucaire
1939
Etoiles de la Chanson
Emile Prud'Homme
Padam... Padam...
Paroles de Henri Contet
Éditions Musicales Bourgès R. (©1951)
Edith Piaf
L'intégrale (20 CDs)
"Accordéon"
EMI 592205-2
Sophie
extrait du film «Neuf garçons... un coeur»
Paroles d'Edith Piaf
Éditions Salabert (©1944)
Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson
Chansophone 70325
Neuf garçons, un coeur (1947)
Réalisation et scénario de Georges Freedland
Dialogues de Georges Freedland et Norbert Carbonnaux
Musique de Georges Legrand,
Norbert Glanzberg,
Charles Trenet, Jean Villard, Louiguy, Mireille,
Marguerite Monnot et Sauvigny
Production : Vox Films
Edith Piaf et les Compagnons de la chanson

Les 3 cloches
Sophie
Un refrain courait dans la rue
C’est pour ça
La Vie en rose

 


Paul Arma
(Imre Weisshaus)
22 octobre 1904, Budapest - 28 novembre 1987, Paris
"Chants du Silence"
(1942-1944)
Cycle de 11 mélodies
pour Mezzo-soprano et piano
Phases Contre Phases
Jean-Marie Cottet (Piano),
Fabrice Moretti (Saxophone Soprano)
Atelier Musique de Ville-d'Avray
Jean-Louis Petit
Celui qui dort et dort
(Poèmes de Max Jacob)
Régis Poulain (Basson)
Josette Morata (Récitante)
Alain Béghin (Xylophone)
Francis Petit (Percussion)
Esquisses (5) from a Hungarian Theme
Jean-Marie Cottet (Piano)
Divertissement 1600
Béatrice Delpierre, Pascale Haarscher,
Jean-Noël Catrice, Marie-Aude Menou
(Recorders)
Trois Regards
Jacques Vandeville (Hautbois)
Divertissement for Clarinet and Piano no 6
Dominique Vidal (Clarinette),
Jean-Marie Cottet (Piano)
Parlando
Patrice Bocquillon (Flûte)
Rem 311266
A la Memoire De Bela Bartok
Onze Convergences
Liszt Ferenc Chamber Orchestra
János Rolla
Péter Gazda
Hungaroton SLPX-12347
Sonatine for solo flûte
Jean Pierre Rampal
Deux structure mouvantes for cello solo
Roy Christiansen
Comme une Improvisation for alto sax
Jacques Desloges
Sept transparences for string quartet
The Philarte Quartet
Lumières et Ombres for 2 pianos
Marie Christine et François Doublier
Gasparo GS 214
(Stéréo LP)
     
Suite de Danses Op. 74
pour flûte et cordes (enr. 10/07/58)
Divertimento n° 1 Op. 168
pour flûte, cordes et piano (enr. 18/09/59)
Jean-Pierre Rampal, flûte
Orchestre de chambre de la Sarre
Karl Ristenpart
Les années Ristenpart - Vol. 1 (1954-1966)
AJPR : "Premiers Horizons" 070.124/125/126 (Coffret 3 CDS)
Bela Bartok / Paul Arma
Suite Paysanne Hongroise
(trans. pour flûte et piano)
Chants populaires tristes
Ballade
Vieilles danses
Eroica JDT 3052
Hungaroton HCD 31655
Tudor
Soliloque
Lajos Lencsés (Hautbois)
Saltus Hungaricus
Bayer Records 100340

 


Max Deutsch
(17. Novembre 1892, Vienne - 22. Novembre 1982, Paris)
   
Der Schatz
A Film Symphony in five acts (1923)
1.Act 1: Mäßig Bewegt
2.Act 2: Lebhaft Bewegt
3.Act 3: Moderato
4.Act 4: Molto Moderato
5.Act 5: Sehr Langsam (Misterioso)
Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz
Frank Strobel
Rec. 28-30 Aug 2002
Ludwigshafen, Philharmonie
CPO 999 925-2
Arnold Schoenberg
Suite pour 7 instruments, opus 29
Contrepoint CO 10/13 (78-rpm)
(Paris, France, 1947?)
Gustave Plaquet, E-flat clarinet
Marcel Jean, clarinet
André Dupont, bass clarinet
Henri Bronschwak, violin
André Focheux, viola
Jacques Neilz, violoncello
Jeanne Manchon-Theis, piano
Max Deutsch, conductor
   

 


René Leibowitz
(17 Février 1913, Varsovie - 29 Août 1972, Paris)
Le compositeur et chef d'orchestre René Leibowitz (1913-72) - un des professeurs du jeune Pierre Boulez - réussit à fuir vers la zone sud (Cannes et St. Tropez) pendant l'été 1940.
Il revient à Paris à la fin de 1943 où il reste caché, grâce à l'écrivain Georges Bataille et au peintre Louis Balthus, jusqu'à la Libération, le 25 août 1944.
Pendant cette période, il compose une douzaine d'oeuvres musicales et ses écrits principaux.
 
Sonate pour flûte et piano, op. 12b
Severino Gazzelloni
Edward Steuermann
Col Legno WWE 31893 (4 CDs)
Sonate pour flûte et piano, op. 12b
Ensemble Aisthesis
Divox CDX 290303
Two Settings, Op.71 for mixed chorus a cappella, after poems by William Blake
I. The Sick Rose
II. Never Seek to Tell Thy Love
Schola Heidelberg, vocal ensemble
Ensemble Aisthesis
Walter Nußbaum, conductor
BIS CD 1090
 

 


La Résistance parmi les Musiciens
Le Front National de la Musique

Pendant l’Occupation, tout un groupe comprenant musiciens, écrivains, cinéastes s’était formé autour de la notion de «Résistance» donnant naissance à quelques œuvres majeures.
Les fondateurs du groupe "musique" se réunissent grâce à l'action de musiciens membres du PCF .
Désormière, Barraine et Durey font paraître, en septembre 1941, un manifeste dans une revue clandestine "L'Université libre",
refusant formellement le principe de collaboration. Ce texte a probablement été rédigé par Delvincourt.
Ils font ensuite paraître à partir de avril 1942, une revue clandestine "Musiciens d'aujourd'hui"
Parmi les Musiciens, on comptait Roger Désormière, Manuel Rosenthal, Charles Munch, Paul Paray (chefs d'orchestre et compositeurs),
Elsa Barraine (pseudo: Catherine Bonnard ou Triolet), Louis Durey, Francis Poulenc, Georges Auric (3 membres du Groupe des Six; Tailleferre et Milhaud sont en exil,
Honegger a une attitude ambiguë et sera exclu du front), Henri Dutilleux, Claude Delvincourt, Alexis Roland-Manuel (compositeurs), Irène Joachim (cantatrice) et quelques rares autres.
Ces actions "modérées" n'empêcheront pas l'exclusion des professeurs et les élèves juifs du Conservatoire, exécutée avec zèle par sa direction,
avant même que les forces d'occupations allemandes n'en fasse expressément la demande.
 


Guy Hery / Guy Krivopissko / Aurélien Poidevin / Axel Porin
Quand l'Opéra entre en résistance
Les personnels de la réunion des Théâtres Lyriques Nationaux sous Vichy et l'Occupation
L' Oeil D'or - Collection : Essais & Entretiens (2007)
ISBN-13: 978-2913661257

Roger Desormière
(13 septembre 1898, Vichy - 25 octobre 1963, Paris)
Charles Munch
(26 Septembre 1891, Strasbourg, Alsace occupée
 - 5 Novembre 1968, Richmond, Virginie, États-Unis)
Paul Paray
(24 mai 1886, Le Tréport - 10 octobre 1979, Monte-Carlo)
Inscrit l'Apprenti Sorcier de Paul Dukas le 21 mai 1942 à Lyon, au lendemain de la visite du Berliner Phiharmoniker, dirigé par Clement Kraus.
Manuel Rosenthal
(18 juin 1904, Paris - 5 juin 2003, Paris)
Fait prisonnier en juin 1940 au Stalag XIA (Altengrabow), il y compose une opérette sur un texte de Courteline.
Libéré en mars 1941, il se réfugie en zone sud, puis rentre à Paris fin 1942 où il mène une existence clandestine
Oeuvres
       
Georges Auric
(15 février 1899, Lodève - 23 juillet 1983, Paris)
Oeuvres de Guerre
Elsa (Jacqueline) Barraine
(13 février 1910, Paris - 20 mars 1999, Strasbourg)
Claude Delvincourt
(12 janvier 1888, Paris - 5 avril 1954, Italie)
Dans un accident de voiture survenu sur une route d'Orbetello (province de Grosseto)
Louis Durey
(27 mai 1888, Paris - 3 juillet 1979, Saint-Tropez)
       
Henri Dutilleux
(22 janvier 1916, Angers - *)
Oeuvres de Guerre
Francis Poulenc
(7 janvier 1899, Paris - 30 janvier 1963, Paris)
Oeuvres de Guerre
Roland Alexis Manuel Lévy
dit Roland-Manuel
(22 mars 1891, Paris - 1er novembre 1966, Paris)
Jean Wiener
(19 mars 1896, Paris - 8 juin 1982, Paris)

 

Georges Auric

Quatre chants de la France malheureuse
(1943)
Poèmes de Paul Eluard, Jules Supervielle,
Louis Aragon

Six Poèmes de Paul Eluard (1940-1941)

Trois Poèmes de Max Jacob (1945-1946)

Mélodies (La Mélodie Française, volume 11)
Sonia de Beaufort, mezzo-soprano
Martial Defontaine, ténor
Alain Jacquon, piano
Timpani 1C1156
1998

Claude Delvincourt

Danceries pour violon et piano (1934)

Christian Ferras, violon
Pierre Barbizet, piano
INA Mémoire Vive 052
2004

Claude Delvincourt

Buffalmaco (extrait de "Boccacerie")

Françoise Gobet, Piano
Recording date : 1957
Forgotten Records 541
Original edition : Vega C 30 A 88


 

Claude Delvincourt

Sonate pour violon et piano (1922)
1. Largement
2. Vif et gai
3. Calme, mystérieux et hautain
Maurice Crut, Violon
Lucette Descaves, Piano
Recording date : 1955

Quatuor posthume pour deux violons, alto et violoncelle (1954)
1. Allegro molto con veemenza
2. Presto
3. Adagio estetico
4. Allegro assai
Quatuor Parrenin
Jacques Parrenin, 1er violon
Marcel Chapentier, 2nd violon
Serge Collot, alto
Pierre Penassou, violoncelle

Recording date : 1956

Forgotten Records 534
Original edition
 - Ducretet-Thomson 270 C 104
- Club National du Disque CND 3

Pater noster

Bernard Levasseur (Baryton)
Jacques Boucher (Orgue Casavant)
St. John the Baptist Church, Montréal
Priez pour Paix
Eclectra ETA 2062

2004

       
Francis Poulenc
Le jour m’étonne et la nuit me fait peur

(1943)
Poème de Paul Eluard (Figure humaine)

Elsa Barraine
Avis

Poème de Paul Eluard

Joseph Kosma
Traquenard

Poème de Madeleine Riffaud

Jean Wiener
Printemps de Danielle
Poème de Madeleine Riffaud

Résistante du Front National des Étudiants

Louis Durey
Dans la grotte aux glaçons

Poème de Yves-Pierre Guillevic

Ensemble Vocal Français de Didier Bolay
Studio S.M. 369724 / Skarbo DSK 2980
2003

Francis Poulenc
(1943)
Poème de Louis Aragon

Henri Dutilleux (22 septembre 1945)
Chanson de la déportée
Poème de Jean Gandrey-Réty écrit lors de son retour de Buchenwald

Mélodies à découvrir, Mélodies de toujours
Polymnie 160751
Anne Bacquet, soprano
Damien Nédonchelle, piano
2006

Francis Poulenc (1899 - 1963)
Figure humaine, cantate pour 12 voix
(1943)
Poèmes de Paul Eluard : FP 120

Un soir de neige, petite cantate de chambre pour 6 Voix ou Choeur (1944)
Poèmes de Paul Eluard : FP 126

New London Chamber Choir
Helios CDH 55179
Originally issued on Hypérion CDA66798
1995

Francis Poulenc
Les Animaux modèles
(ballet intégral)
La musique intègre l'air de
"Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine"
comme un acte de résistance

Orchestre Philharmonique du Luxembourg
Jonathan Darlington
Timpani 1C1146
1997

       
Elsa Barraine (1910-1999)
Raffi Ourgandjian, orgue
Benoît Combreling, xylo marimba
Jean-Luc Rimey-Meille, gong et tam-tam
Marcal Classics MA101001
2010

Musique rituelle d'après le Bardo Thödol
pour grand orgue et percussions
(1966-1977)
(Livre des morts tibétain)
Premier prélude et fugue (1929)
Deuxième prélude et fugue (1930)
Élévation
Reflets magyars

Elsa Barraine (1910-1999)
Musique Française au Féminin
Ensemble Latitudes
Triton TRI331136
2005

Ouvrage de Dame (1937)

Jean Wiéner
Musique de Chambre

Bvhaast 1201

Jeroen de Groot (violin), Taco Kooistra (cello),
Ilona Stokvis (mezzosopraan), Marcel Worms (piano)
14 Mars 2001 - Singer Museum, Laren

Trois Danses (1955, arr. Marcel Worms)
Suite pour Violon et Piano (1923)
Sonata pour Violoncelle et Piano (1968)
Sept Petites Histoires (1924)
Deux Poèmes de Jean Cocteau (1924)
Trois Blues Chantés (1923)
Quatre Petites Pièces-Radio pour piano (1945-1947) 'Chantefleurs' pour voix et piano (1959)
 'Chantefables' pour voix et piano (1955)

Jean Wiéner
Musique pour piano
Bvhaast 9614

Marcel Worms (piano)
Septembre et Octobre 1996 - English Reformed Church

Deuxième Sonatine
Rêve
One Step
Sonatine Syncopée
3 Moments de Musique
Blues
Haarlem
3 Danses
Sonate

       
Henri Dutilleux
Sarabande et Cortège
(1942)

Sonatine pour flûte et piano (1943)

Pages de jeunesse - Youthful pages
Marc Trénel, basson
Vincent Lucas, flûte
Pascal Godart, piano
Indesens 004

Henri Dutilleux : Quatre Mélodies (1942)
Regards sur l'infini - Anna de Noailles
Féerie au clair de lune - Raymond Genty
Pour une amie perdue - Edmond Borsent
Funérailles de Fantasio - André Bellessort

Mélodies
Patrick Mason (Baritone)
Robert Spillman (Piano)
Bridge BCD 9058

Louis Durey
Mélodies
Hyperion CDA67257

Francois LeRoux, baryton
Graham Johnson, piano
2002
Louis Durey
Musique de Chambre
Mandala

Ensemble Erwartung
       
Manuel Rosenthal
Musique de Chambre
Quatuor Danel
Daniel Blumenthal (piano)
Calliope 9894
Oeuvres pour piano
Daniel Blumenthal, piano
Etcetera KTC 1168
2001
Oeuvres pour orchestre
Catherine Dubosc, soprano
Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy
Jérôme Kaltenbach
Marco Polo 8.223768
1994
Gaite Parisienne / Offenbachiana
Monte-Carlo Philharmonic Orchestra
Manuel Rosenthal, Conductor
Naxos 8.554005
1999

 

André Jolivet (Paris, 8 août 1905 - Paris, 20 décembre 1974) est mobilisé en 1939, à Fontainebleau, part au combat et reçoit une médaille.
En 1940, lors de la défaite, il réussit à échapper à la capture par les troupes allemandes et, au moment de l'armistice,  à se cacher près de Limoges, avec les 29 survivants
des 85 soldats de son bataillon anti-char. Il y écrit des poèmes inspirés par son expérience de la guerre :

Les Trois Complaintes du soldat
I. La complainte du soldat vaincu
II. La complainte du Pont de Gien
III. La complainte à Dieu

Il compose également clandestinement la "Messe pour le jour de la paix"
Il revient à Paris en 1941. De 1945 à 1959, il est directeur de la musique à la Comédie-Française

La France résistante
Les trois complaintes du soldat
pour voix et orchestre
Orchestre de la Société du Conservatoire Paris
Pierre Bernac, Baryton
Charles Münch (1943)
Cascavelle 3060
Music Of Stillness
Messe pour le jour de la Paix
Thomas Keemss (Tambourin)
Eva Lebherz-Valentin (Soprano)
Peter Schumann (Orgue)
Ensemble Nunc
Michael Valentin
Signum 6900

 

Marcel Mihalovici (Bucarest le 22 octobre 1898 - Paris le 12 août 1985)
Entre 1908 et 1918, il suit les cours de violon de Franz Fischer et Bernard Bernseld - un élève d’Enescu -, d’harmonie de Dimitri Cuclin et de contrepoint de Robert Cremer  dans sa vile natale.
Grâce à Bernseld, le jeune musicien, précoce (il compose ses premières pièces à l’âge de onze ans), est très tôt repéré et encouragé par Enescu. Il en deviendra l’héritier spirituel, statut renforcé par les liens
étroits qui les unissent durant les dernières années de la vie du maître à Paris. C’est dans la capitale française que le jeune musicien débarque en 1919, suivant ainsi les conseils de son mentor. Jusqu’en 1925,
Marcel Mihalovici poursuit sa formation à la Schola Cantorum. Il profite alors des enseignements de Vincent d’Indy (composition et direction d’orchestre), de Léon Saint-Réquier (harmonie), d’Amédée Gastoué (violon) et de Nestor Lejeune (violon). Dès 1921 il se fait remarquer en emportant le deuxième prix de composition du Concours Enescu en Roumanie (pour sa Sonate pour piano et violon n°1).
En 1928, avec quelques autres compositeurs étrangers installés en France – le polonais Alexandre Tansman, le Tchèque Bohuslav Martinu, le Suisse Conrad Beck, le Hongrois Tibor Harsanyi et le Russe Alexandre Tcherepnine –, Mihalovici participe à un concert assez marquant pour que les critiques les réunissent sous l’expression «École de Paris» ; par assimilation avec l’École de Paris des peintres.
Bientôt d’autres musiciens les rejoignent : le Russe Igor Markevitch et l’Autrichien Alexandre Spitzmüller.
Compositeur militant, Mihalovici devient un animateur de la vie musicale parisienne. En 1932 il participe à la fondation du Triton, société de musique contemporaine et vitrine musicale à la fois qui réunit les compositeurs les plus en vue de l’époque : Milhaud, Ibert, Tomasi, Honegger et, bien sûr, certains des membres de l’École de Paris. De même, il est cofondateur de la société des compositeurs roumains.
En 1939-1940, Mihalovici lance l’AMC (Association de la Musique Contemporaine).
En été 1940, alors que Paris est occupé, avec l'aide de Irène et Lizica Codreanu et de leur fils François, Mihalovici et son épouse, la pianiste Monique Haas, (Ils sont Juifs tous les deux) s'exilent à Cannes.
Il y écrit les Sonates Op. 45 (violon et piano) et Op. 47 (alto et piano), ainsi que les Ricercari Op. 46 pour piano. En 1944 il travaille à la Symphonie Op. 48. Pendant cet exil forcé Mihalovici connaît la peur permanente et l'attente est insupportable. Après que la Gestapo ait fouillé plusieurs fois son appartement, Mihalovici entre dans la clandestinité et, jusqu'à la fin de l'occupation, il a vécu caché chez des amis à
Mont-Saint-Léger. A cette époque, il  participe à l'organisation de résistance Front national, qui  publie des œuvres de compositeurs persécutés par les nazis.
Après que la guerre, revenu à Paris, il « s’impose comme l’une des figures marquantes du monde musical » (Alain Paris). Il continue à être souvent sollicité et joué, notamment, par la Radio française.
L'une de ses ultimes compositions, peu avant sa mort, sera une commande du violoniste Yehudi Menuhin. Il a aussi été l'ami, notamment, de Samuel Beckett, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre Jean Jouve.
Naturalité Français en 1955, il se partage alors et jusqu’à la fin de sa vie entre la composition, la promotion de la musique et l’enseignement.

Complete Recordings
Deutsche Grammophon 4776201 (2006)
Monique Haas, piano
Violin Sonata pour violon et piano No.2 Op.45
Max Rostal, Violin
Enregistrement Hannover, Beethovensaal,
6-7 Octobre 1958
Ricercari pour piano Op.46
Recording: Hannover, Beethovensaal,
24 October 1951
Inédits Monique Haas
Tahra 567 - Série solistes
Toccata pour piano et orchestre Op.44

Sinfonieorchester des Bayerischen Rundfunks
Rudolf Albert, direction
Enregistrement Live du 4 avril 1952
Mai 2005

 

 

Brigitte Massin
Les Joachim
Une famille de musiciens
Fayard (1999)
ISBN: 2-213-60418-5
Irène Joachim
(13 mars 1913, Paris - 20 avril 2001, Paris)
Petite-fille du violoniste, chef d'orchestre et
compositeur Joseph Joachim et du peintre de
l'école de Barbizon Ferdinand Chaigneau
Pelléas et Mélisande
Enregistrement intégral en 20 Disques 78t
Irène Joachim et Jacques Jansen
Direction: Roger Desormière
La Voix de son Maître DB5161-5180
Salle de l'ancien Conservatoire
24 avril au 26 mai 1941

 

     
Claude Debussy
Pelléas et Mélisande
Jacques Jansen (Pelléas); Irène Joachim (Melisande); Henri-Bertrand Etcheverry (Golaud);
Germaine Cernay (Geneviève); Paul Cabanel (Arkel); Leila Ben Sedira (Yniold);
Émile Rousseau (un berger); Armand Narçon (le médecin);
Choeurs Yvonne Gouverne
Orchestre Symphonique du Conservatoire
Roger Desormière (Chef d'orchestre)
Enregistrement 24 avril au 26 mai 1941
Salle du Conservatoire
EMI 761038-2 / EMI 545780-2
Grammofono
Andante 3990
Yves Nat
Mélodies (5), pour voix et piano
Irène Joachim, soprano
Yves Nat, Piano
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Charles Munch, direction
Enregistré Studio Albert à Paris le 1er juin 1943
78t : AFAA AA 31 (Part. 1968/69)
Enregistrements 3 juin 1943
Coffret du 50è anniversaire (15 CDs)
EMI 347826 2
Marcel Delannoy
Ginévra
(Livret: Julien Lucharie)
Pathé Marconi PDT 76-78
(matrices: CPTX 542-547)
Irène Joachim (Ginévra)
Martha Angelici (Catherine)
Eliette Schenneberg (Nurse)
Henry Etcheverry (Ambrogio)
Paul Derenne (Chanteur)
Camille Maurane (Doria)
Orchestre de l'opéra comique
Roger Désormière
Enregistrement 9 Juin 1943
Paris, Studio Albert
Marston

 

Edouard Kriff (Joseph Edouard Krihiff)
Chanteur d'opéra (ténor) français
Alger le 3 août 1905 - Paris le 19 mars 1966

En septembre 1938 Jacques Rouché l’engage pour son premier contrat à l’année au Théâtre National de l’Opéra de Paris. Il chante les rôles de Samson du Samson et Dalila de Saint-Saëns, Radamès d’Aida de Verdi puis Faust de la Damnation de Faust de Berlioz. En 1939, il se marie et devient père d'un enfant.
La guerre est déclarée. Il est soldat à Laon. Après l’armistice de juin 1940, il est contraint de passer en zone libre. Au moment de l'exode, début juillet 1940, il quitte la capitale avec sa famille à laquelle s'est jointe sa mère Fortunée, née Tubiana (veuve de guerre). Après l'Armistice, il tente de revenir en zone nord (la France étant coupée en deux) mais est refoulé par les Allemands en tant que juif à Chalon (s/Saône) le 2 août 1940. Il s’installe à Marseille où l’Opéra l’accueille. On le voit et on l’entend à la Radio Nationale, la plupart du temps sous la direction de Paul Bastide dans une trentaine de premiers rôles. Au soir du 21 janvier 1943, il interprète le rôle de Mario : - "...Et je n'aimais jamais autant la vie !" et rentre chez lui, 33 rue du Musée. Le lendemain, il est arrêté par la police collaborationniste française, en même temps que sa mère, dénoncés en tant que juifs par des employés du théâtre, du moins s'il faut en croire les dires de l'officier allemand qui l'interroge à la prison des Baumettes. Fortunée Kriff sera enfermée à Compiègne puis à Drancy avant d'être portée disparue à Majdanek le 27 mars 1943.
Lui prit la décision de s'évader. Il parviendra à sauter du train pendant la nuit du 24 au 25 janvier, sera recueilli par un prêtre puis un médecin et amené dans une famille de Firminy, les Durif pour y être soigné. Muni d'une fausse carte d'identité, il regagnera Marseille, sera caché pendant deux mois par la famille Josuan au Lycée musical du 10 boulevard Salvator puis la famille Mansio à Bouc-Bel-Air avant de pouvoir être évacué dans l'Ardèche où, avec sa femme et son fils, il attendra grâce à des maquisards ardéchois la libération de Paris. En 1944, il reprend ses activités à l’Opéra-comique.

Récital d’Airs d’opéras et chansons napolitaines
Malibran Musique MR620
Louise de G. Charpentier
Malibran Musique MR737

Boué, Kriff, Musy, Michel, Gilly, Cluytens & Wolff
(Genève et Opéra-Comique)

 


Les Juifs sont chassés du Conservatoire de Musique

Pendant l'occupation allemande de la France, Jacques Chailley était le Secrétaire Général du Conservatoire National de Musique de Paris. Le 3 octobre 1940, le directeur du Conservatoire, Henri Rabaud (qui sera remplacé par Claude Delvincourt le 15 avril 1941), charge Jacques Chailley de prendre contact avec les autorités nazies, avant que les premières lois les concernant ne soient promulguées le 18 mars, et alors que le Conservatoire dépend des autorités françaises, pour savoir que faire des professeurs et des élèves juifs.
Du 4 au 10 octobre, Jacques Chailley se charge pratiquement seul, de ficher les élèves, en indiquant « juif, 3/4 juif, 1/2 juif ou 1/4 juif », devant le nom de chaque élève. Deux ans plus tard, le 21 septembre 1942, suite à une demande du ministre Abel Bonnard, cette liste permet d'exclure rapidement tous les élèves juifs de l'établissement malgré les réticences de Delvincourt. Il ne restait plus que trois professeurs juifs  - André Bloch, Maurice Franck, et Lazare Lévy (1882-1964) - sur les 75 enseignants, et vingt étudiants juifs sur 580 élèves dont quinze étaient considérés "partiellement Juifs" selon les critères des lois anti-juives de Vichy.
Le directeur de l'institution, Claude Delvincourt (1888-1954), rejoignit les mouvements de résistance en septembre 1942.
Jules Boucherit (1877-1962), un des professeurs de violon les plus respectés du Conservatoire, fut révolté par le sort qui était réservé à ses étudiants juifs. Le second statut des juifs ainsi que les déportations, le scandalisèrent à tel point qu'il décida de cacher cinq de ses élèves pourchassés.
"Sous le prétexte d'une santé précaire, et avec l'assentiment du directeur administratif,  [Jules Boucherit] transféra ses cours  à la villa de Bourron-Marlotte 'La Chansonnière', près de Fontainebleau. Cette maison lui avait été laissée par la pianiste Magda Tagliaferro, contrainte de fuir vers l'Amérique du Sud". Les cinq élèves cachés à Bourron-Marlotte étaient Devy Erlih, futur professeur à l'École Normale de Musique; Ivry Gitlis; Charles Cyroulnik; Denise Soriano (1916-2003) - En dépit des difficultés, Denise Soriano réussit à les rejoindre; elle avait été dénoncée comme Juive.-  et Michel Schwalbe, qui devient plus tard premier violon de l'Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Herbert von Karajan.
Aucun d'entre eux ne fut arrêté. Boucherit non plus.
En février 1993, Jules Boucherit fut nommé de façon posthume, "Juste parmi les Nations" lors d'une cérémonie organisée à Jérusalem par l'institut "Yad VaShem" chargé de maintenir la mémoire de la Shoah. Cette distinction, est réservée aux non-juifs ayant sauvés des juifs pendant la 2ème guerre mondiale. En décembre 1994, son épouse, Denise Soriano (il s'étaient mariés en 1956) alla recevoir cet honneur en son nom.

Voir l'article de Jean Gribenski : L’exclusion des juifs du Conservatoire (1940-1942)
dans la revue "Musicologie" et dans "La Lettre du Musicien - LM 401 Article 826 et LM 403 Article 907"

André Bloch
14 janvier 1873, Wissembourg (Bas-Rhin) - 7 août 1960, Paris
Maurice Franck
1897, Paris - 21 Mars 1983, Paris
Lazare Lévy
18 janvier 1882, Bruxelles - 20 septembre 1964, Paris

 

Denneriana
Recital Favorites for Clarinet and Piano
James Jones (Clarinet)
Karen Schlabaugh (Piano)
Centaur 2738
Trio pour hautbois, clarinette et basson
Trio d'Anches de Monte Carlo
Jean-Paul Barrellon, hautbois
Daniel Favre, clarinette
Jacques Petit, basson
REM 311240 XCD
« L'Ecole Lazare-Lévy »
(Clara Haskil, Solomon et Monique Haas)
Tahra 556-558

 

Les Secrets du violon
Souvenirs de Jules Boucherit (1877-1962)

Marc Soriano (Sous la direction de)
Les Cendres (1993)
Collection Itineraire Musical
ISBN : 978-2-86742-045-0

 


Villa de Bourron-Marlotte, chez Jules Boucherit en 1935.
De gauche à droite : Melle Charmasson, Melle N..., Denise Soriano et son chien, Jacques Chailley (à l'arrière), Céliny Chailley-Richez (épouse de Marcel Chailley),
Jules Boucherit, Marcel Chailley (père de Jacques), Eldar Aram et Ivry Gitlis.
Source : Coll. Dominique Chailley; Crédit : (DR)


Jules Boucherit à sa villa "La Chansonnière" de Bourron-Marlotte en 1942.
Denise Soriano avec son professeur (et futur époux), Jules Boucherit, ainsi que les violonistes Devy Erlih (gauche) et Serge Blanc, juif d'Europe centrale (droite)
Source : Coll. Serge Blanc; Crédit : (DR)

Jules Boucherit et ses disciples
Green Door GD-2039 (Japan)
The Great Violinists, Vol. 23
Symposium 1349

 

Les élèves protégés par Jules Boucherit

Serge Blanc
Juif d'origine Roumaine
Il a a la chance de porter un nom typiquement français et entre au conservatoire en 1942.
Charles Cyroulnik
1er mars 1923, Paris
Son frère, Émile, est arrêté puis déporté et assassiné à Auschwitz-Birkenau le13 février 1942
Devy Erlih
1928, Paris
Ivry Gitlis
22 août 1922, Haïfa,
Palestine sous mandat anglais.
Pendant la guerre, il quitte la France et se réfugie à Londres où il joue pour l’armée britannique tout en se portant volontaire pour travailler dans une usine de munitions.
       
   
  Denise Soriano
15 janvier 1916, Le Caire, Égypte
(Père grec naturalisé français)
5 mars 2006, Paris
Sous l'occupation, elle doit interrompre sa carrière et se cacher ayant été dénoncée en 1942 comme étant de religion juive.
Michel Schwalbé
1919, Radom, Pologne
Élève de Moritz Frenkel, il est diplômé de l’Académie de Musique de Varsovie (1931)
Pendant la guerre, il est soliste dans l’Ensemble Symphonique de Lyon (1942–44), puis violon solo de l’Orchestre de la Suisse Romande à Genève de 1944 à 1946.
 

 

Odette Gartenlaub
13 mars 1922, Paris -

Odette Gartenlaub 25 septembre 1942
Lettre d'exclusion du Conservatoire
Signée Claude Delvincourt

Odette Gartenlaub, l'aînée de 4 enfants, est née à Paris le 13 mars 1922, d'un père bijoutier (Jacques) né en Bucovine (alternativement autrichienne, roumaine et ukrainienne) et d'un mère (Pauline) anglaise. Ils se marient en 1921 à Paris et sont naturalisés français en 1927.
Elle commence l'apprentissage de la musique dès l’âge de 7 ans. Deux ans plus tard elle entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où elle obtient la même année une première médaille de solfège. Lauréate à 15 ans du premier Concours International Gabriel Fauré, elle perfectionne ensuite sa technique pianistique auprès de Lazare Lévy et Yves Nat, poursuit ses études d’écriture avec Olivier Messiaen et Noël Gallon et étudie la composition avec Henri Busser et Darius Milhaud, et l’histoire de la musique auprès de Maurice Emmanuel et Louis Laloy.
Après l'invasion de la France,  Jacques Gartenlaub est obligé de signaler son entreprise comme juive, et sa bijouterie est aryanisée. L'appartement dans lequel ils habitaient est confisqué par les autorités françaises en 1941. Ils confient des bijoux et des objets précieux qu'ils ont réussi à emporter à Georgette Cheverry - le professeur de musique d'Odette - qui vit seule à Paris avec son petit garçon, tandis que son mari, médecin a été fait prisonnier par les Allemands.
Odette ne peut plus s'inscrire au Conservatoire interdit aux Juifs à partir de juin 1942, tout comme l'accès aux jardins publics, aux théâtres, aux cinémas... et n'ont accès aux magasins d'alimentation qu'une heure par jour. Elle entre à l'UGIF (Union générale des Israélites de France) en tant qu'assistante sociale.
Les 16 et 17 juillet 1942, lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’ à Paris et dans son agglomération, visant les familles juives étrangères, 13 000 personnes sont arrêtées dont 4000 enfants. De nombreux de leurs amis et connaissances sont arrêtés et déportés. Les Gartenlaub ne sont pas raflés.
Le 18 juillet 1943, Odette entend qu'une nouvelle rafle va avoir lieu dans la nuit et en attendant de trouver une meilleure solution, elle emmène ses petites sœurs chez Georgette Cheverry. Son frère, Georges a réussi à passer en zone sud et est entré dans la résistance. Georgette retire l'étoile jaune de leurs vêtements, les brûle et cache les fillettes à la campagne où elles resteront jusqu'en 1945 pour finir leur année scolaire avant de retrouver toute leur famille saine et sauve. A Paris, elle reste en contact avec Jacques et Pauline Gartenlaub et leur fille Odette.
Malgré l'interruption de ses études de musique jusqu'en 1945, Odette obtient un Premier Grand Prix de Rome en 1948 avec la mise en musique d’un poème d’une centaine de vers de Charles Clerc à la gloire de Sainte-Geneviève. Après trois années passées à la Villa Médicis, alors dirigée par Jacques Ibert, qui lui laisseront "une émotion inoubliable", elle rentre à Paris et poursuit une carrière de pianiste et de compositeur.
En 1987, Georgette Cheverry a été nommée "Juste parmi les Nations" par le comité de "Yad VaShem"

 

Works for Horn and Piano by female Composers
Odette Gartenlaub : Pour le Cor
Lin Foulk, cor
Martha Fischer, piano
Four Elements
Johannes Brahms
Deux Sonates pour Clarinette et Piano
Odette Gartenlaub, Piano
Guy Deplus, Clarinette
Le Club Français du Disque 374

 


Occupation, Résistance & Libération


Isabelle Rivé-Doré
Somogy
ISBN : 2-85056-720-5
Janvier 2004

Bernard Lonjon
Nuit et Chansons
Les chanteurs français face aux années noires

Éditions du: Moment (31/03/2011)
ISBN : 978-2-35417-094-3
253 pages
Chantons sous l'Occupation
DVD

Réalisation : Andre Halimi
Production : Argos Films, France / Films Armorial, France / INA, France
Chef monteur, Henri Colpi
Distribution, Artédis, France

Livre
André Halimi
ISBN : 2-7475-4389-7
Juin 2003

Les Chansons de la Libération
DVD

L.C.J. Éditions et Productions
2006
       
Complainte du Partisan
Paroles de Emmanuel d'Astier de la Vigerie dit "Bernard"
Musique de Anna Marly
Anna Marly (Betoulinsky)
30 octobre 1917, Saint-Pétersbourg
15 février 2006, Alaska
Le Chant de la Libération ou
"Chant des Partisans"

Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel
Musique de Anna Marly

 

Chantons sous l'Occupation
Pickwick PFK 540302
Verboten! - Les voix de la liberté
La 2ème Guerre Mondiale à travers des oeuvres interdites de diffusion sous l'occupation
Blanche-Net BL-HF-044
Anthologie Chanson Française Enregistrée Les années 1940-1950
Universal Music France
Epm 989722 (10 CDs)
La vie quotidienne en chansons
sous la drôle de guerre et l'occupation
1939-1944
Forlane 619109
       
La Résistance en chantant. 1939-1945
+ CD audio

Sylvain Chimello, Serge Domini
Editions Autrement
ISBN : 2-74670-563-X
2004
Anna Marly
Troubadour de la Résistance
Livre-album + CD

Tallandier / Historia
ISBN : 2-23502-279-0
Les chants de la Résistance et de la Libération
Anna Marly

Textes dits par Claude Dauphin
Dpi 320e847
AERI 2-2003-2
       
Chants de la Résistance et de la Déportation
Le Chant des Partisans Français

Chorale Populaire de Paris
Gilbert Martin

Le Chant des Marais
Chorale de la Fédération Musicale de Paris
Ilya Holodenko
FNDIRP 45-2022 (45t)
La Résistance, ses chants et ses poètes
Adès 203682 (2 LPs / 2 CDs)
Chants, Poèmes et Discours du Temps de la Résistance
LCD (2 LPs)
Chant Du Monde LDX274734
       
La Grande Épopée de la Libération
Marianne Mélodie 252
(3 CDs)
Jours Heureux de la Libération
Marianne Mélodie 260
(4 CDs)
Les Chansons de la Libération
Solidor
100 Refrains pour la Libération
EMI 07243 571951 2 6
(4 CDs)
       

 

Le Jazz, le Swing et les Zazous

La propagande de Vichy et la presse de la collaboration les prennent pour cible. Habillés de chic et de choc, tout de large vêtus, portant parapluie (fermé) et coiffure excentrique,
les Zazous jettent un vent de liberté et de fronde adolescente sur la France de l'Occupation et de la Révolution nationale.

Occupation et Jazz

Le Hot Club de France organise à Paris, plusieurs concerts de jazz à la Salle Pleyel
En 1941, grand Festival Swing avec toutes les vedettes du jazz français : Douze orchestres, quatre-vingt musiciens dont : Alix Combelle, Django Reinhardt, Gus Viseur, Michel Warlop, Pierre Allier, Guy Paquinet, Hubert Rostaing, Christian Wagner, Noël Chiboust, André Ekyan, Alex Renard, Aimé Barelli, Sarane Ferret.
En 1943, à l’École Normale de Musique avec deux saxophonistes guadeloupéens Mavounzy et Siobud
Concert de jazz du Hot Club Colonial à Rennes  le 11 janvier 1944 avec un grand orchestre dirigé par Félix Valvert, en solidarité avec les prisonniers de guerre du FrontStalag 221W (Rennes, Ille-et-Vilaine). Gérard Regnier
Jazz et Société Sous l'Occupation
Éditions L'Harmattan - Musiques et Champ Social
Préface de Pascal Ory
(Novembre 2009)
ISBN : 2296101348 / 978-2-296-10134-0

 

Jazz in Paris
Jazz Sous L'occupation
Emarcy Records
Universal - 0440 018431 2 9
Les Zazous font de la résistance
1939-1945, Le Swing sous l’Occupation
RDM Edition 277872
(4 CDs)
Les Zazous
Swing Obsession 1938-1946
Frémeaux & Associés FA5116
(2 CDs)
Les Zazous
Estelle Meyrand et Rodolphe
BD Jazz / Nocturne (BD + 2 CDs)

ISBN : 978-2-849-07167-0

 


Exil des Artistes de Music-Hall

Renée Lebas
23 avril 1917 - 18 décembre 2009, Paris
(Parents d'origine roumaine)

Avec l'arrivée des troupes allemandes à Paris, sa carrière est chamboulée est interrompue et elle se rend en zone libre. (Elle rejoint Michel Emer et Paul Misraki). Elle se réfugie à Lausanne et y chante "Exil" de François Reichenbach et Philippe Gérard. ainsi que "14 juillet". Son père et sa soeur cadette sont emportés dans la rafle du Vel' d'Hiv' en juillet 1942. Après la Seconde Guerre mondiale, Renée Lebas abordera dans diverses chansons le thème de la Shoah, à commencer par "La Fontaine endormie" (1956), écrite en hommage à sa sœur, jamais revenue d’Auschwitz. Diverses chansons sont inspirées du folklore juif ashkénaze, comme "Tire, tire l'aiguille" et "Mammy". Elle chantera aussi "Garde l'Espérance" sur la musique de la "Hatikva", l’hymne de l'État d'Israël. (En 1981, Radio J en avait fait son générique d'ouverture d'antenne)

Marie Dubas
3 septembre 1894 - 21 février 1972, Paris
(Parents d'origine polonaise)

Alors qu'elle se trouve en Amérique du Sud, elle est surprise par la déclaration de guerre, elle y reste jusqu'au début 1940. Elle séjourne ensuite au Portugal. Marie Dubas est interdite de scène et de radio suite au décret du gouvernement de Vichy du 3 octobre 1940. Elle est condamnée à chanter à l'étranger, notamment au Maroc. Elle arrive tout de même à passer en zone libre et à s'y produire. Les rafles se multiplient après celle du Vel' d'Hiv' (juillet 1942), même en zone libre. Marie Dubas se réfugie en Suisse et s'installe à Lausanne, où elle retrouve Renée Lebas. Elle continue la scène (Moulin Rouge de Genève, Théâtre Municipal de Lausanne...) et chante beaucoup à la radio. Début 1944, elle crée à Radio-Genève, "Ce soir je pense à mon pays", une chanson autobiographique, composée par Philippe Gérard sur un texte de François Reichenbach.

Ray Ventura
16 Avril 1908, Chateaudun (Eure-et-Loire)
29 Mars 1979, Palma de Majorque (Espagne)

C’est après dix ans de gloire en France que Ray Ventura (qui était juif) et ses Collégiens  se replient en zone libre (1940-41) puis doivent quitter la France pour fuir les lois antisémites de Vichy. C’est ainsi que Coco Aslan, Loulou Gasté, Paul Misraki, Guy Paquinet, Micheline Day, rejoints par quelques nouveaux dont André Ekyan, Hubert Giraud, Alain Romans, et Henri Salvador,  réussissent à sortir de France et à prendre le bateau en Espagne en novembre 1941 pour Buenos-Aires et Rio de Janeiro. Ils y resteront entre 1942 et 1944.
L’orchestre est dissous en novembre 1944 et Ventura et Misraki rentrent en France.

Paul Misraki
28 janvier 1908, Constantinople
29 octobre 1998, Paris
(Parents d'origine française)

Parmi ses succès on peut noter :
"Tout va très bien madame la marquise" (1936)
"Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine" (1937)
"Qu'est qu'on attend pour être heureux" (1937)
"Tiens tiens tiens" (1939)
"Sur deux notes" (1938)
"Comme tout le monde" (1940)

Pendant l’occupation, sa famille étant d’origine juive, l’auteur-compositeur doit s’exiler en Amérique du Sud, puis à Hollywood. En 1942, à Rio de Janeiro, il écrit la musique de scène de "On ne badine pas avec l'amour" que lui demande Louis Jouvet, puis il crée plusieurs comédies musicales dont "Si Eva se hubiese vestido" (Si Ève avait été vêtue) et de la musique pour le cinéma :
Stella (Benito Perojo, 1943)
Eclipse de sol (Luis Saslavsky, 1943)
La Casta Susana (Benito Perojo, 1944)
El Fin de la noche (Alberto de Zavalia, 1944)
Delirio (Arturo García Buhr, 1944)

La Importancia de ser Ladron (Julio Saraceni, 1944)
Siete mujeres (Benito Perojo, 1944)
À la libération, il revient en France où il poursuit sa carrière dans la chanson, mais aussi dans l’opérette. Il compose également des musiques de films (qui donnent souvent lieu à des chansons). Parmi les interprètes de cette époque, figurent Édith Piaf (C’est la moindre des choses, Sur une colline) et Renée Lebas (Messieurs les journalistes, 1948).

 

Renée Lebas
Où es tu mon amour ?  Vol.1
ILD-MCF 875186

1999
Marie Dubas
Intégrale (1927-1945)
Frémeaux & Associés FA053
Ray Ventura et ses Collégiens
L'Aventure Sud-Américaine (1942-1944)
Frémeaux & Associés FA5005
Paul Misraki chante ses succès
Le livre d'or de la chanson française (2 x 45T)
Ducretet Thomson 460V223/224

Tout va très bien Monsieur Misraki
Les plus belles chansons de Paul Misraki
Polygram 845919-2

D'autres artistes juifs du Music-hall seront contraints à la clandestinité et l'exil, comme Georges Tabet (né en Algérie), Jacques Canetti (origine bulgare), Michel Emer (origine russe),
Lyne Clevers (origine bulgare), etc... Des artistes dont les idées politiques sont contraires au régime de Vichy suivront le même chemin : Germaine Montero, Henri Salvador, Jean Sablon, etc...

Georges Tabet (Georges Zacharie Tabet)
23 janvier 1905, Alger - 28 février 1984, Paris
Nissim Jacques Canetti
30 mai 1909, Roustchouk, Bulgarie
7 juin 1997, Suresnes
Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec la promulgation des lois anti-juives, l'actrice Françoise Rosay l'aide à rejoindre la Zone libre. Il organise avec elle des tournées dans le sud de la France et en Afrique du Nord, ce qui le conduit à diriger des théâtres ou à diriger des radios. Il fonde notamment avec Pierre-Jean Vaillard en 1943 le théâtre des Trois-Baudets à Alger (rue Mogador).
Michel Emer
19 juin 1906, Saint-Pétersbourg
23 novembre 1984, Neuilly-sur-Seine
Auteur incontournable des années 30, 40 et 50, parolier et compositeur attitré de Piaf pour qui il écrit, entre autres, "L'accordéoniste", "Bal dans ma rue" ou "A quoi ça sert l'amour".
Pendant l'occupation allemande, il suit le même chemin que Renée Lebas ("De l'autre côté de la rue", "L'accordéoniste", "Am Stram Gram"). D'abord réfugié à Nice, en zone non occupée, (En 1941, il accompagne Renée Lebas sur scène à Cannes). Il s'exile ensuite en Suisse.
Lyne Clevers
(Céline Marie Rhalewsky ou Rhalavsky,
de parents Juifs immigrés de Bulgarie)
22 octobre 1909, Paris
28 novembre 1991, Poissy (Yvelines)
En 1938, elle se retire quelque peu de la scène et disparaît en 1940, à cause de ses origines, pour ne reparaître qu'à la Libération, à la radio d'abord, puis plus discrètement dans divers cabarets pour donner une ultime représentation à l'Olympia en 1954. - Elle a alors 45 ans.

 

     
    Les Chansons de ma jeunesse
Michel Emer
Marianne Mélodie 415204
 

 


Marianne Oswald
Sarah Alice Bloch
, est une chanteuse et actrice française fille d'un couple de juifs polonais exilés.
Elle tire son pseudonyme du personnage des Revenants, drame d'Ibsen et choisit son prénom en hommage à la République Française.
Née le 9 janvier 1901 à Sarreguemines en Moselle (alors Saargemünd, ville allemande dans l'ancien Reichsland d'Alsace-Lorraine à la frontière avec l'Allemagne).
 Elle décède le 25 février 1985 à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne.

Son autobiographie est intitulée en français, Je n'ai pas appris à vivre...
Éditions Domat (1948)
Éditions Pierron - Collection patrimoine/littérature (1999)
ISBN : 2-70850-196-8
Préface de Jacques Prévert

À seize ans, orpheline, elle est mise en pension à Munich. Elle est opérée d'un goitre thyroïdien mais "après s'être fait trancher la gorge" et avoir recouvré la parole après avoir assisté à un spectacle d'Ibsen,  décidée à devenir chanteuse, elle monte sur les planches à Berlin dans les années 1920.
En 1931, du fait de la montée du parti nazi, elle s'exile à Paris, où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l'expressionnisme allemand. (elle popularise les œuvres de Bertolt Brecht et Kurt Weill, ainsi que Anna la bonne et La Dame de Monte Carlo de Cocteau, et elle innove en interprétant des textes de Prévert sur les musiques de Kosma).
Elle finit quand même par percer grâce à, outre Jean Cocteau, Jean Tranchant, Jacques Prévert et Henri-Georges Clouzot qui, charmés par son parlé-chanté et sa voix qui semble sortir d'outre-tombe, lui confient de très beaux textes qu'elle dit, plutôt qu'elle ne les chante, accompagnée des orchestres de Wal Berg ou de Pierre Chagnon ou tout simplement au piano.
Jusqu'en 1939, on peut l'entendre au Bœuf sur le Toit, à l'Alcazar, à Bobino, à l'Européen, aux Deux Ânes, rarement en vedette mais partout ou elle chante elle ne passe pas inaperçue.
En 1939, elle s'exile aux États-Unis (elle est connue à New York sous le nom de "Marianne Lorraine"), où elle restera sept ans se produisant à la radio et dans différents cabarets où, ayant lu ses souvenirs, publiés en anglais sous le titre de "One Small Voice" (Whittlesey House, 1945), Albert Camus la redécouvre et la ramène à Paris où elle fait l'objet d'une série d'émissions à la radio, présentées par Cocteau, Camus, Seghers, Ribemont-Dessaignes et Gaston Bonheur, sous le titre de Le retour de Marianne Oswald où elle chante et récite des textes d'Apollinaire, d'Eluard, de Prévert et de Jean Nohain mais son style commence à être dépassé.
Elle s'essaie au cinéma : Les amants de Vérone, Le guérisseur, Notre-Dame de Paris (version Jean Delannoy - 1956), Les Amants de Montparnasse... puis se tourne vers la télévision où elle produit des émissions pour enfants, intervenant à l'occasion à la radio.

L'Art de Marianne Oswald - 1932-1937
Marianne Oswald
EPM 3982272
Marianne Oswald chante Cocteau
Philips 432.181 NE (45 t)
Un texte d'Albert Camus au dos de la pochette (1957)

Le dernier poème de Robert Desnos
Anna La Bonne de Jean Cocteau
La grasse matinée de Jacques Prévert et Joseph Kosma
L'Écolière de René Char.

 

Sophie Rose Fridmann dite Agnès Capri
15 avril 1907, L'Arbresle (Rhône) - 15 novembre 1976, Paris (7ème)
Actrice, chanteuse, directrice de théâtre, productrice de radio et écrivain.

Music-hall, Poésie
Seghers, 1957
(Recueil de 26 textes, poèmes et chansons d'Agnès Capri.)

Sept épées de mélancolie
Julliard, 1975
(Première partie des mémoires d'Agnès Capri, qui s'arrêtent un peu avant 1938)

Agnès Capri est issue d’une famille juive d'origine polonaise et lithuanienne (Registre de l'état civil de L'Arbresle : Naissance le 15 avril 1907 de Sophie Rose Fridmann, fille de Hermann David (né Hermanovitch Fridmann), 33 ans, industriel demeurant rue de la Brévenne et de Dinak Katz, 22 ans) qui a fui la Révolution russe. Adolescente, elle prend d’abord des cours d’art dramatique chez Charles Dullin et Louis Jouvet, et s’initie au chant dès l’âge de seize ans à la célèbre Schola Cantorum.
Imprégnée d’idées révolutionnaires, elle devient membre de l’Association des Artistes et Écrivains Révolutionnaires (AAER) et fréquente à cette occasion Paul Nizan, Louis Aragon,Jacques Prévert et Max Ernst. Elle se constitue alors un répertoire en puisant dans les textes d'auteurs considérés alors comme des poètes et écrivains sulfureux ou d'avant garde : Jacques Prévert, qu'elle a rencontré au groupe Octobre, Raymond Queneau, Robert Desnos, Paul Eluard, Henri Michaux, Guillaume Apollinaire ou Léon-Paul Fargue. Elle ajoute à son répertoire des textes d'Erik Satie puis de Jean Cocteau.
Dans la foulée, Agnès Capri est programmée à l’A.B.C. (où elle fait scandale le jour de Pâques pour avoir récité le poème de Jacques Prévert Pater Noster (Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y !). Elle est soutenue à cette époque par Charles Trenet qui dans les salles où elle se produit, réclame les textes que la direction veut lui supprimer (Adrien de Jacques Prévert, entre autres)!
Elle se produit également sur la scène de l’Opéra bouffe, avant d’ouvrir, en 1938, son propre lieu, Le Petit Théâtre de nuit (en hommage à Mozart), rue Molière à Paris, qui devient vite le Théâtre Chez Agnès Capri pour ses habitués. C'est dans cet endroit révolutionnaire qu'elle retrouve plusieurs artistes surréalistes et amis du Groupe Octobre comme Jacques Prévert, Michel Vaucaire et Joseph Kosma.
C'est à cette époque qu'elle enregistre ses premiers disques au Chant du Monde et chez Columbia.
L’arrivée de la guerre et les lois antijuives la contraignent à fermer Le Petit Théâtre de nuit et faute de pouvoir chanter en zone libre, elle quitte Paris pour se réfugier en Algérie où elle présente des spectacles de chansonniers et anime les spectacles de l’Opéra d’Alger (un théâtre) avec l’aide de Jacques Canetti.
Elle revient à Paris en 1944, et prend en 1945 la direction du Théâtre de la Gaîté-Montparnasse auquel elle donne le nom de Théâtre Agnès Capri. Elle y reste jusqu'en 1949, date à laquelle elle réinstalle son cabaret (Chez Agnès Capri, rue Molière) où se produiront entre autres Germaine Montero dans son répertoire espagnol, Jean Sablon, Catherine Sauvage, Cora Vaucaire, Mouloudji, Serge Reggiani, Juliette Greco, Marc Ogeret, Pierre Louki, qui y chante, entre autres, La Môme aux Boutons, Georges Moustaki et les Frères Jacques qui y remportent leurs premiers succès. Agnès Capri, est aussi auteur de nombreuses chansons (« La Grande Opéra », « Laisse parler Jacob », « Il m'a toujours dit à demain ») et peut véritablement être considérée comme l’une des pionnières de la chanson au féminin.

Agnès Capri
Succès et Raretés
Marianne Mélodie 4811.246

2012

 


Résistance Intérieure en Allemagne et en Autriche

L'affiche annonce le concert de Heidelberg au soir du
3 Mai 1943. Kreiten ne donnera jamais ce concert ayant été arrêté quelques heures plus tôt.
Karlrobert Kreiten
26 juin 1916, Godesberg près de Bonn
7 septembre 1943, Prison de Berlin-Plötzensee
Pianiste
Affiche du concert du 16 mars 1942 à Berlin

Élève de Claudio Arrau, il donne son dernier concert à Berlin le 23 mars 1943. Ayant fait des confidences sur ses idées anti-nazies à Ellen Ott-Monecke, celle-ci le dénonce à la Gestapo.
Il est arrêté en mai 1943 et après un simulacre de procès, il est condamné à mort le 3 septembre 1943 par un tribunal berlinois présidé par Roland Freisler.
Il est exécuté le soir du 7 septembre 1943 à Berlin-Plötzensee (avec 185 autres prisonniers).

     
LP Thorofon ARTH-259
Karlrobert Kreiten, Piano
1984
     

 


Swing Tanzen Verboten

Michael H. Kater
Different Drummers
Jazz in the Culture of Nazi Germany

New York: Oxford University Press (1992)
ISBN : 978-0-195-16553-1 / 0-195-16553-5
Mike Zwerin
Swing Under the Nazis
Jazz As a Metaphor for Freedom

Cooper Square Publishers Inc.,U.S.
ISBN : 0-815-41075-1 / 978-0-815-41075-1
Mike Zwerin
Jazz Under the Nazis
La Tristesse De Saint Louis

William Morrow & Co (Janvier 1987)
ISBN : 0-792-44172-9 / 978-0-792-44172-4
Swing Kids
Film de Thomas Carter (1992)
Original Motion Picture Soundtrack

Hollywood Records 161357
James Horner

 

Swing Tanzen Verboten
Unerwünschte Musik
1929 - 1945
Vol. 1 et Vol. 2 (2 x 4 CDs)
Documents
Swingdansen Verboden
HKX4860
Swing Tanzen Verboten!
Swing Music & Nazi Propaganda Swing During World War II
Proper Records PROPERBOX56 (4 CDs)
2003

 


Partisans Anti-Fascistes Italiens

Chants de la résistance italienne
(A.N.P.I.)

Matvei Isaakovich Blanter (Матвей Исаакович Блантер)
10 Février / 28 Janvier 1903 à Potshep, Chernigov govt., près de Bryansk
24 Septembre 1990, Moscou
La chanson "Katyusha" (1938), sur des paroles de Mikhail Isakovsky, fut adaptée comme hymne des résistants anti-fascistes italiens (Fischia il vento) par Felice Cascione (1918-1944).
 

Partigiani!
Zuf de Zur

Moni Ovadia, Giovanna Marini, Vlado Kreslin, Ivan della Mea
Due cori sloveni della zona di Gorizia.
Finisterre
2004
Pietà l'é morta - Fischia il vento
Ala Bianca (2 CDs)
Where Are You, My Brothers?
Dmitri Hvorostovsky, Baryton
Style of Five
Constantine Orbelian, Conducteur
Delos Records 3315
       
 
Canti della Resistenza
Paolo 'Saetta' Castagnino
De Ferrari DeVega DD1054
Fischia il vento
Canti della Resistenza
Gruppo Folk Italiano
Paolo 'Saetta' Castagnino
Piero Buttarelli
LP Vedette Way Out VDS 247
Matvey Isaakovich Blanter
Katyusha
In a Frontline Forest (V lesu prifrontovom)
The Small Light (Ogonek)
My Love (Moja ljubimaja)
Smolny Cathedral Choir
St. Petersburg State Academic Symphony Orchestra
Alexander Titov

Northern Flowers PMA99101
2010